HISTOIRE DE L'ABBAYE - LA SÉPARATION...
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Histoire de l'Abbaye
Le XVIIIe siècle
Les dames de Saint Benoît
La séparation...
Départ des bénédictines
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7. La séparation de l'église et de l'état

Le 11 juillet 1892, Marie Gertrude Hastey est élue à l'âge de 29 ans. Le pensionnat ferme en 1895, mais les sœurs ouvrent
à la place un alumnat. En 1897, le fisc menace de vendre l'Abbaye. La saisie et la vente aux enchères ont lieu en avril 1901.
Par chance, l'acquéreur est l'oncle d'une moniale qui garde les sœurs comme locataires. En cette même année, la
reconnaissance de la congrégation en tant que « dames hospitalières », acquise sous Napoléon, protège les sœurs. Elles ne
sont pas inquiétées par les menaces d'expulsion.
En mars 1903, le maire demande de fournir la liste des sœurs présentes dans l'Abbaye avec leur fonction, de faire
l'inventaire des biens et l'état des recettes et dépenses. Les avis des moniales divergent sur la réponse à donner. La laïcité
s'impose le 7 juillet 1904. Les sœurs perdent le droit d'enseigner.

L'abbesse prend peur et pense à l'exil, à l'instar d'autres congrégations. Malgré l'avis contraire de Mgr Meunier, elle prend
le chemin de l'exil en Hollande avec un tiers de la communauté. Elle vend les animaux de la ferme, emporte le linge de
sacristie, les objets de valeur, et ferme les comptes. Elle emmène également les alumnates. La prieure et les autres
moniales, fidèles aux conseils de leur évêque, décident de rester. Elles n'ont plus rien. Mme Hastey mourra en Hollande le
14 octobre 1904 et demandera pardon sur son lit de mort de la scission qu'elle a provoquée au sein de la communauté.

8. La « seconde fondation »

Au départ de Mme Hastey, c'est Scholastique Couturier qui devient prieure, puis abbesse en 1904. Fille d'un notaire, elle
est considérée comme la seconde fondatrice car elle sut redonner à l'Abbaye ébranlée par la scission un second souffle.
Quand la guerre éclate en 1914, elle met à la disposition du maire l'aile entière de l'ancien pensionnat pour y établir un
hôpital jusqu'en 1916. A leur suite, un groupe d'enfants belges avec leurs maîtres, chassés d'Ypres, occupent les locaux
jusqu'en 1919. Scholastique Couturier meurt le 8 novembre 1919. A sa suite, l'abbatiat de Marie Couturier fut la
prolongation morale et spirituelle du précédent.

En 1939, l'Abbaye est à son apogée avec 70 sœurs. La seconde guerre mondiale éclate et les locaux de l'ancien pensionnat
sont à nouveau réquisitionnés pour des réfugiés éventuels. En juin 1940, devant les menaces de bombardement, Mme
Saint Gilles (abbesse de 1934 à 1965) décide d'évacuer les sœurs vers la Vendée. Trois moniales demandent à rester et se
dévouent sans compter auprès des réfugiés de passage. Parmi elles, Mère Laurentia Sibien se distingue. Arrêtée par la
Gestapo, elle mourra en captivité en Allemagne où elle eut un rayonnement extraordinaire auprès de ses compagnes.
L'Abbaye fut relativement protégée des bombardements et des incursions des Allemands. La vie monastique put s'y
poursuivre en paix dans la prière, le silence et le travail.

Après la guerre, Mme St Gilles décide d'entreprendre la fabrication de pain d'épices et de biscuits pour subvenir aux
besoins des moniales dont les fameuses nonnettes. La biscuiterie restera en activité jusqu'en 1995. Les moniales ont
embauché jusqu'à 10 handicapées rémunérées et suivies. La seizième abbesse, Mme Marie Martzloff, élue en 1965, ouvre
une hôtellerie dans l'enclos de l'Abbaye.

Le 25 avril 1977, Pour les 350 ans du monastère, le vieux clocher d'ardoise est reconstruit. Il se dresse fièrement, symbole
d'une nouvelle jeunesse et de la pérennité de la louange divine que les moniales continuent de chanter sept fois le jour
selon la tradition monastique, sans que jamais au cours de ces trois siècles et demi la célébration de l'office divin ait été
interrompue.

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